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Migrations en Questions - Grégory Verdugo - The issue of housing migrants in low-rent housing

Published on 07/08/2019

The issue of housing migrants in low-rent housing (Habitations à Loyer Modéré) is sometimes linked to that of their social segregation. What is the reality? Gregory Verdugo, Professor of Economics at the University of Evry-Val d'Essonne, worked on this issue and explains the impact of housing migrants in low-rent housing on their social segregation.

Migrations en Questions - Grégory Verdugo - Quel est l’impact de l’hébergement en HLM des migrants sur leur ségrégation sociale ?

Quel est l’impact de l’hébergement en HLM des migrants sur leur ségrégation sociale ?

Des études récentes ont mis en lumière une concentration croissante des ménages immigrés dans les logements sociaux, notamment pour les immigrés d’origine non-européenne.

D’après ces études, alors que 15% des ménages natifs vivent dans des logements sociaux, cette proportion triple pour les migrants non-Européens pour atteindre 45%.

Cependant, si ce chiffre semble important, les immigrés restent largement minoritaires sur l’ensemble du parc. Ils ne représentaient en 2012 que 22% des habitants en logements sociaux sur la France entière.

En fait, si l’on regarde en détail, les effets des logements sociaux sur la ségrégation dépendent de la manière dont ils sont répartis entre les quartiers de nos villes.

En pratique, le nombre d’immigrés non-européens a progressé beaucoup plus vite dans les quartiers où se situent des grands ensembles et où la population est composée majoritairement, mais pas seulement, d’habitants en logement sociaux.

Dans ces quartiers, la part d’immigrés a progressé rapidement à la fois dans les HLM mais aussi dans les logements privés du quartier. Ce phénomène a eu pour effet de diminuer la diversité et d’accentuer la ségrégation de ces quartiers.

D’un autre côté, une bonne moitié des immigrés non-européens hébergés en logement social vivent dans des cités de taille plus modestes et sont logées dans des quartiers où les logements sociaux sont minoritaires. Dans ces quartiers, où le profil social de la population est plus varié, les immigrés tendent à être plus nombreux en HLM et sous-représentés dans les logements privés. Ce phénomène a pour effet d’augmenter la diversité de la population du quartier et de diminuer la ségrégation.

A l’arrivée, la progression de la part d’immigrés en HLM a eu des effets ambigus sur leur ségrégation. Si leur installation dans des cités de taille modeste a réduit leur concentration, leur installation dans les grands ensembles l’a renforcé, notamment parce que dans le même temps le nombre de natifs dans les logements privés de ces quartiers a chuté.

Cela suggère que lorsque l’on construit des HLM il faut faire attention autant à leur répartition entre quartiers, qui est le facteur qui façonne le plus la mixité sociale, qu’à la quantité de logements offerts.

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