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Euradio- Edito du jour # 3 - Les Pactes mondiaux sur l'immigration et l'asile fragilisés

Par Yves Pascouau

Publié le 06/11/2018

Après le retrait de la Hongrie, ce sont désormais plusieurs Etats membres de l'UE qui ont manifestés leur intention de ne pas endosser les Pactes des Nations Unies sur l'immigration et l'asile. Ces annonces fragilisent le processus onusien

Bonjour Yves Pascouau, ce matin vous évoquer la question du Pacte mondial pour les migrations

L’Assemblée générale des Nations Unies a finalisé en juillet les négociations portant sur le Pacte mondial pour des migration sûres, ordonnées et régulières. C’est la 1ère fois que les 193 Etats membres des Nations Unies ont négocié un texte couvrant toutes les dimensions de la migration internationale. Ce long processus, pas moins de 18 mois de négociations, doit aboutir à l’adoption du Pacte mondial pour les migrations les 10 et 11 décembre 2018 lors d’une conférence intergouvernementale à Marrakech au Maroc.

S’il s’agit d’une avancée significative dans la prise en compte de la question migratoire au niveau de la communauté internationale, l’UE européenne va se rendre à Marrakech en ordre dispersé. Après la Hongrie qui avait annoncé au mois de juillet 2018 son intention de ne pas signer le texte final, le groupe des récalcitrants est aujourd’hui en train de s’élargir.

C’est-à-dire ?

Les autorités autrichiennes ont annoncé le 31 octobre leur intention de se retirer du Pacte mondial. Elles ne se rendront pas au Maroc pour le signer. Alors que le Pacte ne contient aucun engagement juridiquement contraignant - il constitue une base pour améliorer la gouvernance et la compréhension de la migration – les autorités autrichiennes estiment, comme le rapporte le site EurActiv, que certains points du texte pourraient menacer la souveraineté de l’Etat autrichien.

Sans entrer dans le détail de cette justification, il importe de souligner l’effet de surprise et de malaise que représente une telle annonce.

Effet de surprise car l’Autriche avait pris soin, après le retrait des hongrois, de négocier le Pacte au nom des 27 autres Etats membres de l’UE. Cet Etat avait alors joué un rôle très important sur cette question et affiché une forme d’unité. Cette dernière se fissure désormais d’autant plus que certains Etats membres tels que la République tchèque ou encore la Croatie pourrait rejoindre le groupe.

Et le malaise ?

Le malaise est à observer du côté du Maroc, pays hôte de la signature du Pacte mondial. Diplomatiquement la conférence des 10 et 11 décembre est fragilisée. D’une part, tous les Etats membres de l’UE ne seront pas présents. D’autre part, il y a de fortes probabilités que la Haute Représentante Federica Moghrini et le Commissaire aux migrations Dimitris Avramopoulos ne soient pas du voyage au Maroc. Et quand bien même ils se rendraient à Marrakech, ils n’auront pas la possibilité de prendre la parole car n’ont aucun mandat pour ce faire. Enfin, dans ce contexte incertain certains chefs d’Etats ou de gouvernements pourraient refuser de se déplacer rabaissant par la même occasion le prestige de la conférence intergouvernementale. Le camouflet pour la Maroc serait grand.

Les querelles internes qui agitent les Etats européens sur les questions migratoires rejaillissent sur la scène internationale au moment même où la coopération avec les pays tiers, et en particulier avec le Maroc, est considérer comme une priorité politique. Il y a là un certain paradoxe…

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