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Euradio- Edito du jour # 4 - La charge de Donald Tusk contre les démocraties illibérales

Par Yves Pascouau

Publié le 13/11/2018

Dans un discours prononcé à l'occasion du congrès du PPE, le président du Conseil européen Donald Tusk a porté une charge dans précédent contre les démocraties illibérales

La charge de Tusk

Bonjour Yves, nous souhaitez revenir ce matin sur un discours prononcé la semaine dernière et qui a particulièrement retenu votre attention

Nul besoin de vous le rappeler Simon, mais l’actualité de la semaine passée a été très largement occupée par les commémorations du 11 novembre. Nombre de discours ont été prononcés pour rappeler la fin du conflit et célébrer la mémoire des soldats.

Mais ce n’est pas un discours prononcé dans le cadre des manifestations commémoratives dont je voudrais parler ce matin Simon. Non, l’adresse à laquelle je me réfère a été formulée en Finlande par le Président du Conseil européen Donald Tusk

Un speech délivré à l’occasion du congrès du Parti Populaire Européen qui a abouti à la désignation de Manfred Weber comme tête de liste des conservateurs pour les élections européennes

Exactement Simon. Basant son propos sur les effets de la crise migratoire qui a secoué l’Union européen en 2015, Donald Tusk a indiqué que selon lui deux menaces pesaient sur la démocratie chrétienne dont il est issu.

L’impuissance tout d’abord. Sur ce terrain, il a rappelé que si cela a pris du temps, les Etats européens et les institutions sont parvenus à concentrer leurs efforts sur la protection des frontières et à éviter l’impuissance en matière de lutte contre l’immigration irrégulière.

Mais c’est au sujet de la seconde menace que le discours s’est illustré par une offensive sans précédent contre les démocraties dites « illibérales ». Usant de mots particulièrement sévères, il a dressé un réquisitoire rarement, si ce n’est jamais entendu à ce niveau.

Soit, mais qu’a-t-il dit au juste ?

Eh bien il a ouvert le feu en soulignant que personne dans la famille démocrate chrétienne n’avait le droit d’attaquer la démocratie libérale et ses fondements. Pour le reste, il faut simplement citer Donald Tusk pour mesurer la virulence du propos. Devant les représentants du parti conservateur, le polonais Donald Tusk a dit, je cite

  • Si vous êtes contre l'état de droit et un pouvoir judiciaire indépendant, vous n'êtes pas un démocrate-chrétien ;
  • Si vous n’aimez pas la presse libre et les ONG, si vous tolérez la xénophobie, l’homophobie, le nationalisme et l’antisémitisme, vous n’êtes pas un démocrate-chrétien ;
  • Si vous placez l'État et la nation contre ou au-dessus de la liberté et de la dignité de l'individu, vous n'êtes pas un démocrate-chrétien ;
  • Si vous souhaitez des conflits et des divisions au niveau mondial et au sein de l'Union européenne, vous n'êtes pas un démocrate-chrétien ;
  • Si vous soutenez Poutine et attaquez l'Ukraine, si vous êtes en faveur de l'agresseur et contre la victime, vous n'êtes pas un démocrate-chrétien.
  • Si vous souhaitez remplacer le modèle occidental de démocratie libérale par un modèle oriental de « démocratie autoritaire », vous n'êtes pas un démocrate-chrétien.

En effet la charge est lourde

Oui Simon, et elle l’est d’autant plus qu’elle vient d’un ancien premier ministre polonais et au moment où les discussions sur le maintien du parti de Viktor Orban dans la famille des conservateurs continuent. La charge de Donald Tusk pourrait peut être clarifier les discussions.

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