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Euradio- Edito du jour # 5 - Pourquoi les perceptions de l'immigration résistent-elles aux faits ?

Par Yves Pascouau

Publié le 27/11/2018

Ce matin Yves vous cherchez à comprendre pourquoi les perceptions de l'immigration résistent aux faits ?


Euradio - Perceptions et immigration

Il est désormais bien documenté que les retombées économiques de l’immigration des européens ont été très largement positives au Royaume-Uni. Seulement, et malgré ces preuves, les britanniques continuent de penser que l’immigration, notamment des européens, est négative.

Au point même que l'immigration a été l'un des principaux facteurs à l'origine du vote en faveur du Brexit

Tout à fait Simon. Des recherches récentes, menées par Heather Rolfe, chercheure au National Institute of Economic and Social Affairs, confirment que les attitudes vis-à-vis de l'immigration sont profondément ancrées, réfractaires au changement, que l'immigration est présentée comme un problème, parfois une menace, et ceci en dépit de la reconnaissance de ses avantages économiques.

Jusqu’ici rien de bien nouveau

Certes, mais ce que démontre cette nouvelle étude réalisée dans une zone majoritairement favorable au Brexit, c’est que les personnes ont une tendance à s'appuyer sur des expériences personnelles plutôt que sur des statistiques économiques dès lors qu’il s’agit d’immigration.

Si la recherche démontre que les récits sont plus efficaces que les faits pour former et changer les opinions, les travaux d’Heather Rolfe mettent en lumière que les récits les plus influents sont générés par les personnes elles-mêmes et non par les médias grand public ou les réseaux sociaux. Il existe une hiérarchie implicite de données probantes fondées d’abord sur les expériences personnelles et les anecdotes, puis sur les récits médiatiques et enfin sur les informations statistiques.

Concrètement, les participants à l’étude possédaient des preuves tirées d’expériences personnelles et de récits d'amis, de familles et de connaissances, qu'ils utilisaient pour soutenir des thèmes concernant les impacts négatifs de la migration tels que les migrants ont la priorité en matière de logement, ils sont de faux demandeurs d’asile etc. Quant aux journaux et aux réseaux sociaux, ils ont généralement été qualifiés de non fiables et partiaux.

Pour une fois que ce n’est pas la faute des médias… Mais cette tendance a s’appuyer sur les expériences personnelles et à se méfier des statistiques est inquiétante quand même

Certes Simon, mais l’étude a aussi révélé un point positif. De nombreux participants à l’étude ont apprécié de prendre part aux groupes de discussion et d’avoir la possibilité d’écouter les points de vue des autres. Malgré un débat public polarisé, ils ont manifesté un intérêt à débattre de l'immigration et à améliorer la qualité du débat.

Or ce qu’illustre cette étude c’est que les statistiques et les faits positifs ne suffisent pas pour rééquilibrer une perception négative. Pour porter une vision favorable de l’immigration, il faut s’engager de manière constructive, discuter des solutions et apporter des histoires personnelles pour illustrer faits.

Ce que vous tâchez de faire avec le projet Migrationsenquestions.fr en somme

Je n’osais pas le dire Simon. Cette étude nous conforte en tous les cas dans notre projet qui vise à rendre le débat public sur les migrations plus objectif notamment dans la perspective des élections européennes.

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