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Euradio - Edito du jour #1 - Un sondage singulier

Par Yves Pascouau

Publié le 16/10/2018

Un sondage du Pew Research Centre publié récemment offre une lecture contrastée de l'opinion des européens sur l'action de l'UE en matière d'asile

Ce matin vous souhaitez revenir sur un sondage publié récemment par le Pew Research Centre

Oui Simon, en septembre 2018, le Pew Research Centre a publié un sondage qui nous apprend deux choses.

La première concerne l’accueil des réfugiés qui fuient la violence et la guerre. Selon ce sondage, 77 % des personnes interrogées dans 10 Etats membres soutiennent l’accueil des réfugiés. Ce soutien est supérieur à 80 % en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suède et il est de 79 % en France. Même les grecs et les italiens sont majoritairement favorables.

En revanche, la tendance est différente en Pologne et en Hongrie où le soutien est moins marqué. Mais ce n’est pas une surprise compte tenu des discours hostiles à l’accueil des réfugiés que prononcent les dirigeants de ces pays.

Et le second enseignement du sondage ?

Il porte sur l’action de l’UE. L’enquête révèle qu’une grande majorité des personnes interrogées désapprouvent la manière dont l'UE a traité la question des réfugiés. Les pourcentages de désapprobation sont très élevés : 92% en Grèce, 84% en Suède, 74% en France etc.

Mais ce qui étonne à la lecture de cette enquête est l’absence de précision portant sur le mécontentement des européens. On ne sait pas quels éléments des actions de l'UE ils désapprouvent. Et en fin de compte ce sondage donne l’impression que c’est l’UE qui a mal géré le problème.

Alors que…

Alors que les Etats membres ont aussi leur part dans la gestion de la situation et que cette part est grande. Il faut rappeler ici Simon que l’UE ne peut agir qu’à la condition que les Etats acceptent d’agir dans le cadre de ses institutions. Or, si l’UE a semblé en panne ou en difficulté c’est aussi parce que les Etats n’ont pas souhaité ou pu agir ensemble.

Ce sont les Etats qui n’arrivent pas ou plus à s’entendre sur les actions à mettre en œuvre en commun au niveau de l’Union. Les blocages actuels sont le fruit des oppositions entre Etats sur les principes de responsabilité et de solidarité. Quand l’Italie veut plus de solidarité et moins de responsabilité, la Hongrie lui répond que la solidarité est conditionnée par plus de responsabilité…

En réalité, si les personnes interrogées désapprouvent l’action de l’UE ont-elles été informées de la réalité des actions mises en œuvre depuis 2015 par les institutions européennes ? On peut en douter. Car, si l’action de l’UE n’a pas été parfaite et peut être critiquée, on ne peut ignorer les nombreuses mesures opérationnelles, financières et législatives mises en œuvre pour répondre à la « crise des réfugiés ».

Si désapprobation il peut y avoir ce n’est pas uniquement du côté de l’UE qu’il faut chercher mais également du côté des Etats. Un effort d’information est encore nécessaire notamment dans le contexte de la future campagne électorale européenne.

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